Soutenance de Projet de Fin d’Etude / Un projet à débattre / Mercredi 26 Juin 2019

La soutenance de Sydlia Cossard (Sydney Collin et Julia Dissard) marque la fin d’une étape dans la réflexion développée avec les habitants autour de l’avenir de l’ancienne école des Beaux-Arts suite aux quatre ateliers participatifs ( Atelier 1, Atelier 2 , Atelier 3, Atelier 4) organisés en partenariat avec la Fabrique de la Ville.

Ce moment de synthèse de notre démarche et la transcription des envies des habitants en propositions architecturales et programmatiques n’est pas un point final mais au contraire une base pour poursuivre une réflexion commune sur ce bâtiment et le quartier qui l’entoure.

Soutenance de Projet de Fin d’Etude, Mercredi 26 Juin 2019

Nous allons vous partager ici ce que nous avons proposé lors de notre soutenance et qui est l’aboutissement de notre démarche participative.

L’atelier 3 nous a poussé à proposer un unique projet. Cependant, pour représenter les subtilités de chaque proposition, il nous semblait important de présenter plusieurs variations programmatiques de ce même projet architectural.

Depuis ce projet a bien évolué et s’est enrichi graphiquement permettant ainsi de mieux le visualiser et ainsi pouvoir en débattre.

Les variantes programmatiques ont elles aussi évoluées suite aux retours de l’Atelier 4. Voici- ci dessous les deux programmes envisagés.

Traversée du projet

Pour comprendre le projet architectural, nous vous proposons de traverser le bâtiment du Nord au Sud, pour découvrir son fonctionnement et les espaces invariants qui structurent la vie du lieu.

Vue axonométrique de la façade Sud de l’ex-ENSBA

Notre concept propose de se tourner vers ce que nous avons appelé la ville secrète (en bordeaux ci-dessus). C’est la ville du quotidien et de ceux qui la font vivre, c’est-à-dire la ville des habitants…

Concrètement, comment traduit-on ce retournement vers la ville secrète ?

Axonométrie éclatée du bâtiment et de la coursive au Nord

Là où la circulation principale du bâtiment se faisait initialement au sud, nous avons décidé de la basculer au nord dans une coursive extérieure qui se retourne en toiture. 

Ce basculement permet différentes choses. 

Perspective de la rue Neyret

Tout d’abord, la coursive anime la rue Neyret. Elle montre que le bâtiment vit grâce aux personnes qui circulent le long des couloirs suspendus ou qui s’arrêtent pour regarder la rue à travers la paroi en polycarbonate ondulé.

D’autre part, la coursive rend la toiture du bâtiment accessible par l’extérieure. Le jardin partagé devient de cette manière un prolongement de l’espace public tout comme la coursive qui devient un développement en hauteur de la rue Neyret. 

Perspective de la toiture de l’ex-ENSBA

Ainsi, la ville secrète peut s’approprier la “ville paysage”, en surplombant tout Lyon.

L’aile ouest de la toiture comporte des jardins privés qui partagent un composteur et une cabane à outils. A l’Est, nous avons développé l’aspect pédagogique du jardin. Les apports théoriques peuvent se dérouler en intérieur, dans l’amphithéâtre citoyen qui se trouve au même niveau. Un espace de contemplation du paysage borde le jardin de quartier à l’ouest et le jardin pédagogique à l’est. Il prend la forme d’un cours d’eau qui longe le bord de la façade sud dans lequel on peut faire trempette en regardant le paysage.

Répartition des colonnes humides et des circulations

Du point de vue de la distribution intérieure, la coursive permet de maximiser les possibilités de cloisonnement et d’accès aux espaces mais surtout de bénéficier d’espaces traversants dans lesquels les gens pourront contempler la vue au Sud.

Axonométrie de la coursive Nord de l’ex-ENSBA

Enfin, la géométrie de la coursive n’est pas anodine. Depuis la rue Neyret, l’inclinaison permet de mener les passants vers le corps central où se situe l’entrée. A l’intérieur, à mesure que l’on se dirige vers l’extrémité des ailes du bâtiment, cet angle permet à la coursive de s’éloigner progressivement de la façade afin de créer une intimité.

Un bâtiment citoyen

Maintenant rentrons dans le bâtiment depuis la façade nord en passant par la coursive.

Axonométrie coupée de l’ex-ENSBA

L’espace est conçu de manière à ce que le cœur du bâtiment irrigue les ailes. Concrètement, cela signifie que les espaces communs et citoyens se concentrent dans et autour du cœur tandis que les espaces plus privés se répartissent plutôt vers les extrémités des ailes.

A titre d’exemple, l’amphithéâtre citoyen comme on l’a vu plus haut, est situé au dernier étage dans le coeur. De même, la maison du projet et une bibliothèque investissent le coeur centrale aux étages. 

La Maison du Projet est  l’élément fédérateur du bâtiment car c’est là qu’on vient imaginer le lieu demain. On peut à la fois se rencontrer (d’où la connexion avec le bar à côté), faire des ateliers, venir voir une exposition, faire des réunions, …

Quand on s’éloigne du cœur, les premières salles sont souvent des salles dédiées à des activités diverses ou à des bureaux de praticiens, puis ces espaces font place à des logements ou des locaux d’associations en résidence.

Les logements peuvent facilement se transformer en bureaux ou inversement.

Suite aux échanges de l’Atelier “Action Réaction” une loge ainsi qu’un logement pour un gardien ont été intégrée. La place du gardien semble centrale d’une part pour la sécurité du lieu et aussi d’un point de vue social (aider les personnes âgées, renseigner …)

Enfin, la ressourcerie est elle aussi un élément programmatique qui se retrouve dans les deux variantes. 

Elle a été pensée pour créer un lieu plus autonome comme le demandaient les habitants. Ce lieu comprend à la fois des espaces de stockage, de réparation et de vente. Pour le bâtiment c’est d’une part une ressource financière grâce à la vente, une ressource en matières premières car une partie des meubles et matériaux peuvent servir à l’aménagement des salles et c’est aussi un lieu de réinsertion social.

La ville paysage

Maintenant que nous avons visité  l’intérieur du bâtiment, nous vous proposons de le traverser en passant par son corps central pour rejoindre la ville paysage. C’est de ce côté que se situe la majorité des barrières physiques.

La façade Sud est aujourd’hui souvent critiquée, par les habitants eux même, car elle a l’allure d’une forteresse. L’idée a donc été pour nous d’ouvrir cette forteresse et de se réapproprier les “remparts”

Axonométrie : Ouvrir la façade Sud

Pour cela, d’une part on détruit les deux édicules qui se trouvent aux extrémités du bâtiment pour mettre en valeur la géométrie du corps de bâti principal. Les terrasses avant sont ainsi agrandies et font le lien entre le rez-de-chaussé du bâtiment le jardin.

D’autre part, on vient créer une nouvelle entrée dans le corps central du bâtiment sur la façade Sud qui permet de traverser le bâtiment de part en part.

Cette question de la traversée du bâtiment nous a demandé beaucoup d’aller-retours entre la dimension urbaine du projet et le processus participatif.

La percée physique dans l’axe de la montée Neyret est un élément récurrent dans les propositions des étudiants d’architecture des années précédentes. Le PLU-H oriente clairement vers cette idée là, en détruisant une partie de l’ENSBA, comme l’avait proposé SUD architecte.

Cependant nos échanges avec les habitants sont venues remettre en question cette logique établie.

 Le vocabulaire d’un axe majeur à cet endroit précis n’est pas forcément cohérent avec la manière dont est pratiqué le quartier par les habitants. De plus, cette nouvelle percée serait à deux pas de la montée de la Grande-Côte. Pourquoi toujours offrir un point de vue de la même façon (sur un “plateau doré”), alors qu’il y a de multiples façon de le dévoiler ? 

Ces réflexions nous ont finalement poussé à ne pas envisager de percer le bâtiment dans l’axe de la montée Neyret mais à plutôt penser une traversée à travers le corps central, en l’envisageant comme une traboule.

D’autre part, la question de la traversée peut se poser à une échelle plus large. Le constat que l’on peut faire à échelle urbaine, c’est que l’ex-ENSBA est située dans un environnement dont les composantes sont fragmentées.

Perspective de la rue des tables claudiennes et du viaduc

 Pour se réapproprier les “remparts”, nous avons envisagé la rue des tables claudiennes et le viaduc comme de véritables balcons paysagers. Le viaduc serait traité comme un vrai espace partagé entre piéton et bus. 

Quant à la rue de Sportisse, se pose la question de sa requalification ou suppression (moyennant la révision du plan de circulation) pour retrouver l’unité du Jardin des plantes. 

En attendant, on propose une solution de transition qui permet de marquer beaucoup plus les cheminements piétonniers en cassant la rhétorique automobile des voiries. L’idée est que l’automobiliste voit le changement de revêtement comme un signal et que le piéton sente que l’espace est pensé prioritairement pour lui. 

Plan masse

Nous créons également un nouveau cheminement dans le jardin des Plantes permettant d’accéder plus directement à l’entrée Sud de l’ex-ENSBA.

Ensuite, L’amphithéâtre des Trois Gaules est rendu à l’espace public et ses gradins prolongés sur la partie supérieure de façon à faire le lien avec la rue des tables claudiennes et l’école des tables claudiennes. 

Les abords de la façade Nord sont aussi pensés pour mettre en valeur la ville secrète. L’espace de la rue Neyret se situant entre l’ENSBA et l’Eglise serait progressivement piétonnisé afin d’offrir une nouvelle physionomie à cette rue délaissée.

Perspective de la rue Neyret

Et après ?

Nous pouvons dire que du point de vue architectural et urbain, notre démarche nous a permis de vraiment déplacer notre point de vue et d’envisager le site autrement, et cela ne s’est pas fait forcément facilement. Cette remise en question s’exprime sur plusieurs points :

  • la remise en question de la stratégie urbaine établie (notamment à travers la percée du bâtiment)
  • la déconstruction notre envie de faire un lieu (ou des lieux) “thématique(s)” pour se tourner vers un lieu plus multiple et évolutif

Ainsi, cette démarche participative a permis d’ouvrir une réflexion plus large. Une telle démarche semble non seulement possible, mais aussi indispensable pour repenser Lyon avec ses habitants (et non pour les changer).

Aujourd’hui, nous savons que le calendrier politique s’est accéléré et l’enjeu est surtout de pouvoir endiguer la vente du bâtiment au Crédit Agricole. La Fabrique de La Ville a repris le flambeau sur l’organisation des ateliers et l’interpellation des pouvoirs publics au sujet de l’ex-ENSBA.

N’hésitez pas à rejoindre leur groupe facebook pour suivre leurs actions et réfléchir à faire la ville autrement.

Pour notre part, c’est la fin du collectif SydLia Cossard (pour le moment…). Si vous souhaitez voir plus d’éléments graphiques, n’hésitez pas à aller consulter nos planches de soutenance et notre notice de PFE.


Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu, à tous les participants des ateliers pour leur enthousiasme, à nos enseignants pour nous avoir donné la possibilité d’entreprendre une telle démarche, à la Maison de l’Ecologie pour son accueil chaleureux au sein de ses locaux et enfin à la Fabrique de la ville pour nous avoir fait confiance !

A une prochaine pour de nouvelles aventures !

Julia et Sydney

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Atelier 4 / Action-Réaction

Petites précisions et réponses aux questions après la présentation du projet

Ce samedi 4 mai s’est tenu le dernier atelier organisé par Sydlia Cossard. Treize courageuses personnes sont de nouveau venues pour participer. Après avoir mis la tête dans les étoiles et commencé à confronter vos rêves à la réalité, l’enjeu de cette séance était de présenter la transcription de toutes ces réflexions en projet architectural.
Pour avoir une présentation détaillée du projet, vous pouvez vous référer à l’article suivant : Se tourner vers la ville secrète

Organisation

Voici le déroulé que nous avions imaginé pour la séance.

9h30 Accueil

10h00 Début de l’atelier Présentation du projet architectural de Sydlia Cossard pour l’ex-ENSBA
10h20 Retour à vif sur le concept architectural global

10h35-11h40 Retours et échanges
10h35
 Formation de 4 groupes d’échange    
10h45 Se projeter dans le projet et imaginer les usages du lieu sous forme de récit    
11h10 Choisir le.s lieu.x qui paraissent le.s plus « emblématique.s » du projet et imaginer plus en détail son ambiance, son fonctionnement, …

11h40-12h Conclusion

Brève présentation du projet

Très brièvement, nous avons choisi le parti-prix de nous tourner vers la façade Nord du bâtiment et la rue Neyret. Ce retournement vers ce que nous avons appelé la « ville secrète » se traduit par l’ajout d’une coursive extérieure sur la façade Nord de l’ex-ENSBA. Cela permet à la fois de rendre la façade Nord de l’ex-ENSBA plus vivante mais aussi de rendre le bâtiment plus adaptable dans le cloisonnement et la desserte des espaces intérieurs. L’idée est d’offrir un espace qui puisse évoluer dans le temps et accueillir différents usages. Cependant, certains invariants programmatiques demeurent comme la cantine solidaire, une maison du projet ou encore le jardin partagé en toiture.
Nous avons illustré le concept global par deux variantes program-matiques pour montrer l’adaptabilité du lieu.

Le concept

Après la présentation du projet, quelques questions de précisions nous ont été posées puis 2 groupes se sont formés autour de chaque panneau représentant une variante du projet :
– Ressourcer les esprits et les corps
– Accueillir et échanger

Retour des participants

Temps d’échange autour des variantes

Peut importe les variantes, une des questions majeures qui a été posée est celle de la gestion et la sécurité d’un tel lieu. La coursive et le toit doivent-ils être fermés la nuit ? Comment fonctionne le gardiennage ?
Là où certains imaginaient un lieu public ouvert jour et nuit, d’autres préconisaient un fonctionnement semblable à un parc public (fermé la nuit). L’idée était de pouvoir isoler la coursive menant à la toiture au reste du bâtiment. Ainsi le bâtiment pouvait être fermé tout en ayant la possibilité d’accéder à la toiture.
Concernant la sécurité, certains participants ont souhaité un gardiennage permanent afin de gérer les accès et la sécurité. La présence d’un espace d’accueil en rez-de-chaussé de la Rue Neyret a été réaffirmé.

Plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’esthétique et à l’usage de la coursive :
– Plutôt que d’avoir des passerelles linéaires, pourquoi ne pas avoir des boîtes qui sortent de la façade ?
– Imaginer des rampes qui vont d’un étage à l’autre plutôt que des escaliers
– Miser sur une circulation plus large pour permettre d’autres usages et que ce ne soit pas un simple endroit de passage.
– Se permettre de plus déborder sur la rue, imaginer un passage couvert ou une passerelle qui relierait l’église.
– Un espace de jeux avec des toboggans pour descendre d’un étage à un autre

D’autres thèmes en vrac on été évoqués comme le fait de conserver des accès pour les voitures car certaines activités en ont besoin.

Sur la variante « ressourcer les corps et les esprits » les participants ont indiqués que la salle polyvalente en double hauteur était intéressante car elle pouvait faire office de gymnase (8 m de hauteur sous plafond).

Concernant la variante « accueillir et échanger », nous avons beaucoup discuté de la forme que pouvait prendre ces logements d’urgence (typologie de logement « en bande »). L’idée était de permettre une intimité tout en ayant des espaces communs (cantine, buanderie, espace d’accueil) et d’avoir au moins un logement pour une famille par exemple.

Le retour de Sydlia

Le projet architectural en tant que tel n’a pas été fondamentalement remis en question. Nous avons néanmoins réalisé après coup que nous avions pu être difficiles à comprendre dans un premier temps. En effet, des incompréhensions autour des mots « coursives » ou encore « trame constructive » montraient que nous utilisions trop notre jargon professionnel et technique. De plus, peut-être notre présentation a-t-elle pâti d’un manque de récit pour aider les participants à se projeter. Certains espaces étaient nommés avec des titres génériques (salles associatives) qui renvoyaient à des réalités qui pouvaient être très diverses.
La difficulté principale était de rester assez vague pour faire sentir la marge de liberté que permet le projet mais assez précis pour pouvoir se projeter.
Il est clair qu’il est à ce stade difficile de fixer qui seront les structures (associations, entreprises, etc.) qui seront usagers du lieu.
Fort heureusement, le temps d’échange a permis a tous de bien comprendre les enjeux et les possibilités que présentaient le projet.

Et la suite ?

Le projet que nous avons présenté samedi est encore une esquisse. Beaucoup d’éléments doivent se préciser d’ici notre soutenance de projet de fin d’étude fin juin. Néanmoins, les bases les plus importantes nous semblent avoir été posées. L’esprit du lieu est incarné. Le projet est en quelque sorte la matérialisation en un lieu de la démarche initiée au cours des trois ateliers participatifs. C’est un lieu commun et adaptable qui peut ainsi être le réceptacle de différents besoins. Peut-être peut-on aller plus loin en considérant qu’un tel lieu pourrait être un outil d’expression pour le citoyen. Plus qu’un résultat définitif, le projet est une démarche, un processus et l’aspect architectural en est un exemple d’aboutissement formel.

Les participants aux ateliers nous ont interpellé à plusieurs reprises sur les questions économiques et financières. Sydlia Cossard n’a malheureusement ni les compétences ni le temps pour approfondir cet aspect. Il faut cependant noter que des projets qui font école (La Belle de Mai à Marseille, Les Grands Voisins à Paris) aujourd’hui montrent que des démarches alternatives peuvent aboutir.

A ce propos, nous avons appris récemment que le projet porté par la Mairie Centrale était toujours sur les rails. Cette dernière espère ainsi pouvoir vendre l’ex-ENSBA avant les prochaines élections municipales.

Au moment où le calendrier s’accélère, la question des modes d’action est posée. Comment porter un projet alternatif comme outil pour ouvrir le dialogue avec la Mairie Centrale ? Quels développements souhaitables pour ce projet ? Quels sont les autres actions à mener en parallèle ?
Toutes ces questions restent ouvertes.

Nous ne pourrons pas répondre à ces questions avec vous d’ici fin juin à cause de nos propres impératifs (notre diplôme aha). Néanmoins nous espérons que vous avez pris autant de plaisir nous à participer à cette aventure collective (qui est loin d’être finie).

Nous donnons toute notre confiance à la Fabrique de La Ville pour continuer à porter cette démarche participative et à faire entendre la voix des habitants. Vous pouvez les contacter à l’adresse mail suivante :
fabrique-de-la-ville@netcourrier.com

Quant à nous, vous nous retrouverez sans aucun doute après notre projet de fin d’étude (fin Juin ou début Juillet) pour que l’on vous présente l’évolution du projet.

A bientôt !

Sydlia Cossard

Se tourner vers la ville secrète

Dans cet article nous allons vous présenter le projet architectural que nous avons exposé aux participants de notre 4 ème atelier le 4 mai dernier à la maison de l’Ecologie.

Un contexte urbain fragmenté

Pour présenter le concept du projet, il faut partir du contexte urbain.
Le constat que l’on peut faire, c’est que l’ex-ENSBA est  située dans un environnement dont les composantes sont fragmentées, séparées par des barrières physiques telles que les routes, des murs, des pentes. De plus, la façade arrière et la rue Neyret restent délaissées et impensées.

Sans trop de surprise, nous proposons de supprimer ces barrières ou du moins de se les réapproprier et de créer un peu de porosité. L’idée est d’ouvrir la forteresse.

Pour cela, on repense la rue des Tables Claudiennes et le viaduc comme de véritables balcons paysagers. Le viaduc serait traité comme un vrai espace partagé entre piéton et bus. Quant à la rue de Sportisse, se pose la question de sa requalification ou suppression (moyennant la révision du plan de circulation) pour retrouver l’unité du Jardin des plantes.
L’amphithéâtre des 3 Gaulles serait rendu à l’espace public et ses gradins prolonger de façon à faire le lien avec la rue des Tables Claudiennes et l’école des Tables Claudiennes.

Dualité entre ville secrète et ville paysage

Pour revenir à l’ENSBA, le traitement de ses abords est double. Côté Sud, les terrasses sont  dégagées pour profiter du paysage et du jardin et une entrée secondaire est aménagée.
Côté Nord, l’espace de la rue Neyret se situant entre l’ENSBA et l’Eglise serait progressivement piétonnisée afin d’offrir une nouvelle physionomie à cette rue délaissée.

Cette dualité, ce contraste entre la façade Nord et la façade Sud de l’ENSBA, nous avons décidé de l’assumer et de le conceptualiser en ces termes :

  • Au Nord, la ville secrète, la ville du quotidien et de ses habitants
  • Au Sud, la ville paysage
La ville secrète en jaune, la ville paysage en vert

Sans délaisser la question du paysage, nous avons décidé de concentrer nos réflexions sur cette ville secrète, et donc de se retourner vers l’arrière, la partie délaissée et moins intuitive.
En effet, du point de vue symbolique cela signifie se tourner vers la pente et ses habitants.  Cette façon de voir le site rejoignait assez naturellement la démarche collective que nous avons initié au travers des ateliers.

Donner vie à la rue Neyret

Concrètement, comment traduit-on ce retournement. Là où la circulation principale du bâtiment se faisait initialement au Sud, nous avons décidé de la basculer au Nord dans une coursive extérieure qui se retourne en toiture.
Ce basculement permet différentes choses :

  • premièrement d’animer la rue Neyret, de montrer que le bâtiment vit grâce aux personnes qui vont entrer, circuler, etc.
  • Elle rend la toiture du bâtiment accessible par l’extérieure
  • Du point de vue de la distribution intérieure, cela permet de maximiser les possibilités de cloisonnement et de desserte d’espaces. Mais surtout de bénéficier d’espace traversant dans lesquels les gens pourront contempler la vue au Sud.

Un cœur citoyen

Le deuxième élément fort du projet, c’est le cœur du bâtiment qui irrigue les ailes. Concrètement, cela veut dire que les espaces communs et citoyen vont principalement s’articuler dans et autour du cœur. Plus on s’éloigne de ce centre, plus on va vers des espaces plutôt privés. A titre d’exemple, nous avons placé l’amphithéâtre citoyen au dernier étage, dans le cœur. Il a ainsi une très belle vue et accès aux terrasses.

Un bâtiment adaptable

Le concept que nous proposons permet d’adapter le lieu et donc de réfléchir à son évolutivité dans le temps.

Cette frise chronologique montre les différentes étapes de la construction physique du lieu mais aussi de sa construction humaine. Cette “construction humaine” qui correspond à la gestion du lieu est dans le prolongement de notre démarche. La première année correspond à une période où les différentes associations présentent leurs projets et les besoins auxquels pourraient répondre ce lieu. Des ateliers participatifs sont organisés in situ pour choisir des orientations programmatiques précises du bâtiment.

Progressivement le bâtiment va s’aménager et évoluer au fils des choix programmatiques et des associations qui la font vivre

Nous avons imaginer deux variantes pour illustrer des futurs possibles pour le bâtiment (en imaginant que la démarche soit prolongée). Les deux ne sont pas contradictoires, elles proposent seulement des futurs différents qui découlent d’opportunité différentes.

Cependant elles ont en communs des invariants  

  • Une maison du projet : c’est un lieu d’exposition (qui retrace l’histoire du projet), un lieu d’échange sur la vie de ce lieu
  • des salles associatives dont un amphithéatre citoyen au 3eme étage
  • Un ou des espaces de restauration pour se retrouver
  • Un jardin en toiture

La variante 1 est plutôt tournée vers le corps :
– un Hammam,
– des espaces pour des praticiens,
– des espaces pour les enfants
– des bains douches

La variante 2 est quant à elle orientée vers la rencontre :
– logements d’urgences
– une cantine solidaire avec son jardin productif
– une salle polyvalente indépendante
– plus d’espaces d’exposition
– …

Ainsi le projet s’oriente plutôt vers un lieu public même s’il peut également recevoir un peu de logement. Cela dit, le logement posent des questions de densité dans un quartier qui est déjà le plus dense de Lyon.

Le projet est aujourd’hui au stade d’esquisse. Il est mené à évoluer et se préciser dans les prochains mois.

Atelier 3 / Confronter les rêves à la réalité

Organisation

Samedi 13 avril, 13 valeureux habitants ont pris 2h de leur vacances de Pâques pour réfléchir avec nous à la programmation de l’ex ENSBA. Après avoir mis la tête dans les étoiles lors de l’atelier précédent, nous avons proposé aux participants d’amorcer le trajet de retour sur terre sans perdre de vue toutes les envies et les intentions du début.

Pour cela, Sydlia avait préparé 4 scénarios de programmation (en s’appuyant sur l’atelier du 30 mars) sur lesquelles les participants devaient travailler, critiquer pour les faire évoluer. Voici en détail le contenu de cette matinée :

9h30 Accueil

10h00 Début de l’atelier Présentation de la démarche, des esquisses et du planning

10h10-11h40 Objectif : Faire évoluer et préciser les programmes     10h10 Découverte des quatre scénarios proposés et répartition par groupe sur chaque scénario    10h20 Se projeter dans le projet choisi et porter un regard critique sur cette proposition.  Trouver un titre qui conceptualise l’espace souhaité.

11h40-12h Retours et échanges

Supports d’échange

Pour cet atelier, nous avions préparé des éléments supports :
– des plans de répartition programmatique pour chaque scenari
– un carnet de bord pour chaque groupe
– des photos de références architecturales

Les 4 sénarios – contenu et retours

Dans ce chapitre nous allons vous présenter à la fois, comment nous avons construit les scénarios initiaux à partir de l’atelier précédents
( « Libérer les imaginaires » ) puis les réactions de la part des habitants pour chacun d’eux. Chaque récit a été traduit en 4 programmations thématisées : le Village d’Astérix, l’Espace d’expression artistique et citoyenne, l’Espace dédiée aux corps et la Cuisine de quartier

« Le village d’Astérix » devient le Palais du peuple

LE VILLAGE D’ASTERIX, Traduction programmatique pour l’atelier 2

Ce scénario tourne autour de la thématique « social et solidaire ». Nous avons développé le thème de la résistance que les habitants avaient souligné, en remettant en valeur la question l’autonomie financière et matérielle. Cela s’est traduit pas la présence d’une ressourcerie, point névralgique du projet.

Les trois habitants qui se sont penchés sur ce projet l’ont fait évoluer dans le sens suivant :
– Approfondissement de la réflexion sur l’autonomie, en gardant la ressourcerie, ajoutant des panneaux solaires, jardin partagé et en pensant à la gestion autonome du lieu
– Alors que le logement d’urgence avait était évoqué lors de l’atelier précédent il n’avait pas été gardé dans la programmation initiale. Les habitants ont souhaité le réintégrer sous forme de logements temporaires de groupe sur l’ensemble du 2ème étage.
– La création d’une cantine solidaire devant pouvoir accueillir les résidents des logements temporaires et des personnes extérieures.

Le nom du projet s’est transformé. « Le village d’Astérix », était trop connoté pour les participants, ils lui ont préféré « Palais du peuple » ou « l’Hôtel du peuple » .

Espace d’expression artistique et citoyenne

Espace d’expression artistique et citoyenne,
Traduction programmatique pour l’atelier 2

Pour ce scénario ce sont les « pratiques artistiques » qui sont au cœur de la programmation. L’idée initiale était de concevoir un lieu reliant l’art et le social en offrant des espaces pour de multiples pratiques, toutes reliées autour d’un lieu d’exposition et d’une cantine solidaire.

Les quatre habitants travaillant sur ce scénario, sans remettre en question la thématique globale, ont mis en avant le rôle social du lieu :
– Volonté de faire plus de place aux associations, en remplaçant les résidences artistiques par des locaux pour des associations du quartier.
– La place de la cantine solidaire et d’un café a été réaffirmée comme étant au centre de la dynamique pour permettre le rayonnement des activités culturelles autour de la convivialité.

Prendre soin des corps

Prendre soin des corps, Traduction programmatique pour l’atelier 2

Ce programme regroupait un ensemble d’installations tournées autour du corps et de l’eau : une piscine, un hammam, des bains douches, pole de santé, salles de sports

Ce scenario a beaucoup évolué :
– La question du corps a été conservée mais plus sous l’aspect du bien être et de la détente (avec la conservation du hammam). La piscine et les grosses infrastructures sportives ont été supprimées, car elle faisant référence à l’univers de la performance et de la compétition non souhaité par les participants.
– La place de la solidarité et du partage a été réintroduit, avec l’ajout d’un bar associatif et d’une petite cantine et d’espace de projection associatif au sous sol.

La cuisine de quartier

La cuisine de quartier, Traduction programmatique pour l’atelier 2

Ce scénario mettait les relations intergénérationnels au centre de ses préoccupations. Une école de cuisine et d’herboristerie côtoyait des espaces dédiés aux enfants et aux personnes âgées. Un lieu fédérateur permettait de rassembler tout le monde : la cuisine de quartier où les élèves cuisiniers pouvaient s’exercer.

Les trois habitants travaillant sur cette programmation ont gardé son essence tout en proposant quelques variations :
– Suppression de l’école de cuisine et d’herboristerie
– Maintien de la cantine solidaire et ajout de salles à manger partagées que les associations ou les particuliers pourraient réserver
– Privilégier les lieux d’accueil, de partage et de rencontre

Les titre évoqués pour ce lieux furent : la table populaire, le gite, la maison de famille, maison de campagne pour tous

Conclusion

Alors que nous nous attendions à avoir des programmations très différentes selon les groupes thématiques, la tendance a plutôt été à l’homogénéisation des scénarios. Là où nous avions voulu thématiser, les habitants nous ont ramené à leur envie forte d’avoir un espace permettant une pluralité d’usage et de fonctions.

Rencontre, convivialité et espace pour le monde associatif sont des notions centrales dans l’ensemble des propositions. Parmi les 4 groupes de travail, 3 d’entre eux se sont rejoints au niveau de :
– La Maison des associations
– La Cantine solidaire
– Les jardins partagés

Le groupe « Village d’Astérix » se différencie en apportant deux éléments complémentaires : la recherche d’autonomie économique, matérielle et sociale du lieu, et l’insertion de logements d’urgence.

Au final, les participants semblent converger vers une vision commune de l’esprit du lieu.

Le prochain et dernier atelier aura lieu le samedi 4 mai. Nous présenterons la suite de nos réflexions portant sur la traduction en projet architectural (conceptuel et technique) de cet esprit du lieu :
Ouvrir la forteresse
L’investir, se l’approprier pour se rencontrer
La faire vivre

Sydlia

Atelier 2 / Libérer les imaginaires, la tête dans les étoiles

Mise en récit autour des objets en cours…

Organisation

Ce samedi 30 mars , une vingtaine de personnes courageuses ont sacrifié leur grasse matinée pour venir rêver avec nous :).

La séance a duré 2h30 et était découpée comme suit :

9h30 Accueil à la maison de l’écologie (4 Rue Bodin)

10h00 Début de l’atelier Présentation des participants, suivie par l’explication de notre démarche, du déroulé de la matinée puis immersion dans la maquette.

10h20-11h40 Créer un imaginaire collectif
10h20 Les habitants sélectionnent un objet individuellement et l’associent à une envie, un imaginaire pour l’ENSBA    
10h30 En groupe de 3 ou 4, les participants imaginent un récit pour l’ENSBA en s’appuyant sur les objets choisis.   
11h Présentation des récits en plaçant les objets dans la maquette (10min par groupe)

11h40-12h Retours et échanges

La maquette démontable

Pour cet atelier, nous avions préparé des éléments supports :
– une maquette de site pour garder en tête le contexte
– une maquette du bâtiment pour pouvoir se projeter
– des photos de l’intérieur du bâtiment
– un poster récapitulant de manière synthétique l’ensemble des idées que nous avions récoltées auprès d’habitants sur notre stand du 9 février et pour la réunion publique du 11 mars

Représentation des différentes grandes familles d’idées évoquées par les participants le 9/02/2019 et le 11/03/2019. Poster mis à disposition des participants à l’atelier du 30/03/2019.
« Les communs » au centre, notre fil conducteur

Quel objectif pour cette journée ? Nous avons voulu libérer les imaginaires pour permettre une forme d’appropriation du lieu autant physiquement que mentalement. L’idée était aussi de ne pas se crisper dès le début des échanges sur les contraintes et les oppositions, l’objectif principal étant de créer un récit commun pour passer du “moi-je” au “nous”. Dans cette optique, le rêve et l’imaginaire apparaissent comme des moyens plutôt qu’une fin en soi.

Le cochon dans sa bulle spéculative…

les boîtes à jouet

Pour parvenir à ces imaginaires, nous avons mis à disposition une boîte à jouet avec une multitude d’objet. Chaque objet devait être un médiateur/ une stimulation vers un univers, un espace et/ou un usage qui pouvait être différent selon chacun.
A titre d’exemple, le canard multicolore a servi à symboliser des usages multiples, il y a eu le mammouth protecteur et symbole de sagesse, l’enfant/guerrier pour un lieu de résistance mais aussi un lieu dédié à l’enfance et au jeu, le cochon dans sa bulle spéculative….

Quelques exemples de fiches objets remplies par des participants

Bref, ces objets semblent avoir été de bons médiateurs pour la discussion.

Les récits …

L’exercice le plus difficile était la mise en commun et en récit par groupe.
Lors de la restitution nous avons remarqué que la plupart des groupes étaient traversées par les mêmes envies, les mêmes idées même si chaque groupe avait une dominante particulière. Nous avons également noté que ces envies rejoignaient globalement ce qui avaient été énoncé par d’autres habitants lors des deux rencontres précédentes alors même que le format était très différent (coïncidence ou pas, cette récurrence pose question… Est-ce lié au fait que nous interrogeons toujours le même type de personne ?).

le temps des récits

Néanmoins, lors des restitutions, il n’était pas forcément aisé de distinguer le fil conducteur et la mise en cohérence de chacun des groupes. Rétrospectivement, nous aurions peut-être dû demander que chaque groupe choisisse un titre pour affirmer une tendance.
Après réflexion, Julia et moi avons distingué des grandes thématiques pour chaque groupe.

Groupe 1 / Dominante autour de l’eau (de dignité ou de récréation), de la pratique sportive et du repos
Pluridisciplinarité
– Lieu d’accueil pour tous (question du handicap)


Groupe 2 / Dominante sociale et solidaire
– Lieu formel /informel
– Lieu de rencontre intergénérationnel
– Lieu modulable alliant usages fixes et temporaires
– Habitat d’urgence
– Lieu de résistance mais ouvert, quitter le côté forteresse


Groupe 3 / Dominante autour de l’enfance, la sagesse et la transmission
– Lieu permettant de développer des compétences multiples
– Lieu de résistance intellectuelle (village d’Astérix)


Groupe 4 / Dominante artistique en lien avec l’éducation, la pédagogie
– Lieu de partage tournée vers la collectivité
– Nature en ville, autosuffisance
– Lieu ou la vue n’est pas réservée au privilégié

Certains thèmes comme la Nature en Ville, l’accessibilité, et la question de la modularité/ adaptabilité / usages multiples du lieu sont transversaux à tous les groupes.

La spatialisation des objets dans la maquette lors des restitutions semble n’avoir été que partielle. Le toit du bâtiment ou encore la terrasse à l’avant ont suscités beaucoup d’envies (jardin partagés, espace de repos/contemplation) mais le choix d’avoir placé les objets à tel ou tel endroit à l’intérieur de la maquette n’a pas toujours été explicite. Peut-être que côtoyer du concret (usages/fonctions) et de l’abstrait (rêves) simultanément présentait une difficulté pour une spatialisation plus précise…
Cependant, la maquette a tout de même permis de prendre connaissance du lieu (qui n’est pas accessible au public) et d’avoir un support de discussion concret.

Une petite échelle pour symboliser le lien entre bâtiment et le jardin 🙂

Et la suite…

Dans le prochain atelier du 13 avril qui aura lieu au même endroit (maison de l’écologie) et à la même heure (9h30-12h), il s’agira cette fois de confronter ces envies à une réalité concrète faite de contraintes physiques, économiques, urbanistiques, etc.
Toutes les réflexions de cet atelier nous ont orienté vers un format pour l’événement suivant. Voici un petit teasing même si cela fera l’objet d’un article distinct.


A partir des dominantes de chaque groupe, nous allons développer 4 scénarios thématiques. Le principal enjeu pour la suite est d’affiner les programmes sur chaque scénario grâce à :
la hiérarchisation des usages. Quelle place (en mètres carrés)devons nous allouer concrètement pour tel ou tel usage ?
Les liens, la porosité entre les usages. Dans un lieu qui doit accueillir la multiplicité, quelles formes doivent prendre les liens entre les usages pour ne pas tomber dans un simple empilement sans cohérence ? Quels espaces de transition ?
La gestion et l’économie du lieu. Si l’ambition est de faire un lieu public de résistance, comment rendre ce lieu autonome et autosuffisant du point de vue économique et énergétique?

Pour atteindre ces 3 objectifs, nous réfléchissons actuellement à des outils et dispositifs qui nous permettrons de faire des propositions pour le 13 avril. L’idée est que les participants se réapproprient ces mêmes outils pour générer des critiques constructives sur nos propositions et ainsi les remodeler.

Merci encore à tous les participants du 30 mars et à la prochaine pour la suite des aventures !

Sydney

Réunion publique du 11 mars

Présentation de la soirée

Affiche de la réunion publique du 11 mars

Une cinquantaine de personnes sont venues assister à la réunion publique du 11 mars pour débattre de l’avenir de l’ENSBA. La soirée s’est déroulée en trois temps :

  • La restitution de l’enquête des étudiants du master VEU « Comment vit-on le quartier ? »
  • La présentation des enjeux autour de la réhabilitation de l’ancienne ENSBA par la Fabrique de la Ville (vision historique, enjeux urbains et politiques actuels)
  • La présentation de notre démarche et des ateliers à venir

Ces trois interventions ont été complémentaires et ont permis d’ouvrir un débat riche avec le public. Cette soirée à aussi été le moment pour lancer le processus participatif que nous avons mis en place.


Réunion publique du 11 mars : Ouverture de la soirée par la Fabrique de la Ville et Guillaume Faburel (responsable du master VEU)

Dans cet article nous allons revenir sur la présentation des événements à venir et des interactions qui ont eu lieu lors du débat de clôture.

Démarche inscrite dans le cadre conceptuel des communs

Comme nous l’avions déjà évoqué dans notre article précédent, la démarche globale que nous mettons en place s’inscrit dans le cadre conceptuel des communs. La définition suivante résume assez bien ce concept :

Les communs désignent des formes d’usage et de gestion collective d’une ressources ou d’une chose par une communauté. Cette notion permet de sortir de l’alternative binaire entre privé et public en s’intéressant davantage à l’égal accès et au régime de partage et décision plutôt qu’à la propriété.
Les domaines dans lesquels les communs peuvent trouver des applications comprennent l’accès aux ressources mais aussi au logement et à la connaissance.

D’après : Daniela Festa (avec la contribution de Mélanie Dulong de Rosnay et Diego Miralles Buil), « Les communs », Géoconuences, juin 2018. URL : http://geoconuences.ens-lyon.fr/informations-scientiques/a-la-une/notion-a-la-une/communs

En résumé, un commun c’est une ressource, ici le bâtiment de l’ancienne ENSBA; qui sert une communauté, ici les habitants du 1er; qui doivent se fédérer autour d’une pratique et de règles, qu’on tente de formaliser avec le processus participatif qu’on met en place.

Ateliers à venir

Nous avons construit notre processus sur cette base théorique. La démarche participative que nous proposons invite à réfléchir avec les habitants du 1er à la programmation possible pour l’ENSBA. Pour cela, nous avons imaginé 4 rencontres, dont une qui a déjà eu lieu le 9 février dernier.

Démarche participative

Ces 4 ateliers sont pensés en continuité, comme les épisodes d’une même série.

L’atelier 1 avait pour objectif de faire émerger les visions des habitants sur leur quartier (atouts, problèmes, usages …) et d’en ressortir les paradoxes. Cette première rencontre fait écho à l’enquête menée par les étudiants du master VEU et vient compléter leur diagnostic.

L’atelier 2 a pour objectif d’ouvrir les possibles et de créer un imaginaire collectif autour de l’ENSBA. Pourquoi libérer les imaginaires ? L’intérêt est de permettre de s’approprier le lieu autant physiquement que mentalement. Ce dispositif permet de ne pas se crisper dès le début des échanges sur les contraintes et les oppositions. L’objectif est de créer un récit commun pour passer du “moi-je” au “nous”. Dans cette optique, le rêve apparaît comme un moyen plutôt qu’une fin en soi. (plus de détail sur cet événement dans « planning et événements à venir »).

L’atelier 3, s’appuiera sur cet imaginaire collectif pour le confronter à une réalité et une faisabilité. Pour le dire de façon un peu plus lyrique, ce sera le temps de faire de ces rêves une réalité.

L’atelier 4, sera quant à lui un temps d’échange. Nous (Sydney et Julia) aurons traduit en projet architectural et urbain le travail des deux séances précédentes. Les participants des ateliers précédents et les habitants seront invités à porter un regard critique sur notre travail. Ils pourront ainsi vérifier que notre traduction est pertinente (ou non) avec les propositions que nous avons construit ensemble. Nous prendrons ces critiques en compte pour améliorer le.s projet.s.

Et pour commencer, rêvons …

Mais revenons à la soirée du 11 mars…

Nous avons proposé aux personnes présentes ce soir là de commencer à rêver. Chacun était invité à écrire quelques mots anonymes sur l’ENSBA en s’appuyant s’il le souhaitait sur les images fertiles ci-dessous.

L’ancienne école des Beaux-arts égarée dans des mondes imaginaires

Après la soirée nous avons lu à tête reposée l’ensemble de ces contributions et nous les avons croisées avec les échanges du 9 février. On a fait apparaître un certain nombre de familles d’idées : écoles et formations, logements sociaux, commerces de proximité, espace pour les enfants, place à la nature, lieu d’expression culturelle, pratique sportive, agora) .

L’ensemble de ces mots, histoires et envies constituerons le socle d’idées et de rêves pour construire l’imaginaire collectif le 30 mars.

Voici quelques contributions anonymes qu’on avait envie de vous partager :

Échantillon des contributions du 11 mars

Julia

Concevoir un contre-projet porteur de sens

Le premier atelier participatif nous a permis de requestionner nos objectifs et notre positionnement vis-à-vis des habitants, de la mairie centrale, de la mairie du 1er arrondissement et du collectif « La fabrique de la ville ».
De part sa démarche participative, notre projet se pose d’emblée comme un contre-projet à la mairie centrale.

Processus de conception

Aujourd’hui les habitants n’ont pas de droit de regard sur le projet de reconversion de l’ancienne école des Beaux-arts mené par la mairie centrale. Pire, personne ne semble savoir si le projet proposé est toujours sur les rails ou s’il a été enterré après les pétitions habitantes qui s’y sont opposées. Parallèlement, la mairie du 1er arrondissement propose un contre-projet de friche artistique qui, bien que moins opaque, ne semble pas avoir fait l’objet d’un processus participatif.

Le processus de conception d’un bâtiment public de l’ampleur de l’ENSBA, pose de réels questions démocratiques.

Face à ce constat, notre objectif est de proposer une autre approche de conception qui se base sur la transparence et l’implication des habitants. Ce processus de conception, nous voulons le tester et l’expérimenter à notre échelle (deux étudiantes) et dans le temps limité qui nous est imparti dans nos études (jusqu’à juin, fin de l’année scolaire). Ces contraintes nous ont poussées à plutôt organiser des ateliers participatifs avec un groupe d’habitant réduit, qui se basera sur des membres du collectif la Fabrique de la Ville auxquels des habitants extérieurs pourront se rattacher. L’objectif de cette succession d’atelier est de faire émerger une nébuleuse de propositions pour l’ENSBA. (voir planning)

Centre des Communs

Nous posons cependant une constante à l’ensemble de ses propositions, une intention globale que nous avons appelé Centre des Communs.

Le Centre des Communs est notre concept, notre ligne conductrice et ce peu importe le scénario. Mais qu’entend-on par Centre des Communs ?

On se place dans un contexte où les ressources (matérielles, immatérielles) vont devenir de plus en plus rares. Dans la ville par exemple, et à fortiori dans un quartier aussi dense que Croix-Rousse, le foncier est une ressource convoitée (et les dents creuses se font rares). On peut ajouter à cela le fait que l’ENSBA et ses environs constituent un foncier extra-ordinaire, (principalement grâce à sa localisation qui offre des vues sur le Sud de Lyon). Le Jardin des Plantes est aussi une ouverture exceptionnelle.

Partant du constat que l’ensemble de notre site constitue une ressource rare, l’idée est donc de la partager, pour que tous puissent en profiter.

La question du partage permet de faire le lien avec le commun. Le commun, c’est ce qui est partagé, ce qui appartient à tout le monde et à personne à la fois. L’idée de re-créer des communs dans la ville est une problématique très contemporaine qui croisent différents enjeux, notamment celui du droit à la ville et du lien social.

La nébuleuse 04/03/2019

Rêver ensemble pour penser demain en commun

L’objectif des prochains ateliers est donc d’arriver à rêver ensemble pour se libérer des contraintes, pour se libérer des préjugés, pour faire émerger les envies partagées, pour voir plus loin et pour voir ensemble …

SydLia